Cérémonie des vœux aux élus de Paris et de la Métropole, aux autorités civiles, diplomatiques, religieuses et universitaires : discours d'Anne Hidalgo
Communiqué
Mise à jour le 14/01/2026 à 11h56
Conseil de Paris
Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs, Très chers collègues, Très cher Patrick, Chers amis,
C’est avec une très grande joie que je vous adresse mes meilleurs vœux de santé et de bonheur pour 2026.
Merci pour tes mots, cher Patrick, mon fidèle premier adjoint, sur qui j’ai toujours pu compter. Tu es la preuve vivante que l’amitié n’est pas un vain mot. Pour nous, il s’agit d’une amitié de plus de trente ans. Merci encore pour ta loyauté et ton sens politique reconnu de tous.
Je tiens à vous remercier d’être présents si nombreux à cette cérémonie : la dernière de mes deux mandats.
Oui, c’est une cérémonie singulière.
J’ai donc souhaité vous rassembler toutes et tous, vous qui faites vivre Paris, vous qui, chaque jour, œuvrez à faire de notre ville une ville apaisée, un modèle de démocratie, toujours dans le respect de nos responsabilités.
Je veux saluer très chaleureusement l’ensemble des autorités présentes aujourd’hui. Les autorités diplomatiques,
Monseigneur le Nonce Apostolique, cher Celestino Migliore, doyen et chef du corps diplomatique, avec lequel j’ai accueilli pendant tant d’années les autorités diplomatiques et les corps constitués,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Permettez-moi de saluer tout particulièrement,
Monsieur l’Ambassadeur de Chypre, cher Pavlos Kombos, dont le pays assure depuis le 1er janvier 2026 la présidence du Conseil de l’Union européenne.
Monsieur l’Ambassadeur de Djibouti, cher Ayeid Mousseid Yahya, président du Conseil des ambassadeurs arabes,
Madame l’Ambassadrice de Moldavie, chère Corina Calugaru, présidente du groupe des Ambassadeurs francophones,
Les autorités civiles,
Monsieur le Procureur général près la Cour de cassation, cher Rémy Heitz,
Madame la Procureure générale près la Cour des Comptes, chère Véronique Hamayon,
Monsieur le Premier président près la Cour d’Appel de Paris, cher Jacques Boulard, Monsieur le Procureur national anti-terroriste, cher Olivier Christen,
Madame la Procureure de la République de Paris, chère Laure Beccuau, Monsieur le Procureur national anti-terroriste, cher Pascal Prache,
Mesdames et Messieurs les chefs de juridiction et les représentants du Barreau de Paris,
Monsieur le préfet de la région Île-de-France, cher Marc Guillaume, Monsieur le préfet de Police, cher Patrice Faure,
Madame la rectrice, chère Julie Benetti,
Mesdames et Messieurs les présidents et représentants des universités parisiennes, Les autorités militaires,
Monsieur le Général, Gouverneur militaire de Paris, cher Loïc Mizon,
Monsieur le Général, Délégué Général de l’Ordre de la Libération, cher Thierry Burkhard,
Monsieur le Général commandant la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, cher Arnaud de Cacqueray,
Les autorités religieuses, tous les cultes ici réunis,
Monseigneur, Monsieur le recteur de la Cathédrale Notre Dame de Paris, cher Olivier Ribadeau-Dumas,
Monsieur le Grand Rabbin de France, cher Haïm Korsia,
Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, cher Chems-Eddine Hafiz,
Monsieur le Président du Consistoire Central Israélite de France, cher Elie Korchia,
Monsieur le Président du Fonds social juif unifié, cher Ariel Goldmann,
Monsieur le Président de l’Union des Bouddhistes de France, cher Antony Boussemart,
Mesdames et messieurs les représentants des cultes, Chers amis,
Je vous salue toutes et tous, vous remercie de votre engagement au service de Paris et de l’intérêt général, et vous souhaite la bienvenue à l’Hôtel de Ville.
J’ai eu l’immense bonheur, et l’immense honneur, de travailler avec vous dans une confiance réciproque, indispensable au bon fonctionnement de toute société humaine.
Dans les grandes épreuves que nous avons affrontées ensemble, nous avons fait corps et nous avons aussi partagé tant de joie intense.
Mes chers amis,
Maire est sans aucun doute le plus beau des mandats, mais aussi le plus difficile.
J’aime rappeler cette citation du président américain Lyndon Johnson : « Lorsque le fardeau de la présidence semble anormalement lourd, je me rappelle toujours que la situation pourrait être pire. Je pourrais être maire. »
Les valeurs républicaines comme boussole, la confrontation permanente avec le réel, et un humanisme à toute épreuve. C’est la base pour être Maire.
Être Maire, c’est toujours penser à l’intérêt général, et en ce qui me concerne, celui des générations futures, même si elles ne votent pas.
Oui, un Maire agit, travaille sans cesse pour le bien commun. Maire, mes chers amis, c’est gouverner dans les crises. Et un Maire ne peut pas avoir peur.
Nous avons relevé toutes les crises : l’accueil massif des réfugiés, les attentats de 2015, les conséquences de la crise climatique, l’incendie de Notre-Dame, la crise sanitaire et une ville à l’arrêt, la crise énergétique et l’inflation liées à la guerre en Ukraine…
Et d’autres encore.
Oui, durant douze ans, je n’ai, à aucun moment, dirigé dans le confort.
Les épreuves nous les avons surmontées ensemble. Et je veux vous remercier d’avoir été là.
Nous avons apporté la preuve de notre force à nous rassembler, à agir et à avancer.
Être Maire, c’est un engagement à cent pour cent, sauf à mal faire et à déconsidérer cette très haute charge publique.
C’est une préoccupation de tous les instants.
C’est être habitée par sa ville ; ce n’est pas simplement l’habiter. Être Maire de Paris, c’est endosser une fonction extraordinaire.
Un Maire s’occupe de la vie de ses habitants, de la naissance jusqu’à la mort. Et c’est un privilège. C’est ainsi que je vis cette responsabilité.
Être Maire, c’est imaginer, inventer de nouveaux chemins, les rendre possibles et être utiles. Là est la fonction du politique.
Je crois profondément que la politique, c’est avancer dans le respect des pages écrites par ses prédécesseurs.
C’est laisser toute sa place à l’imagination, à l’intuition qui naît de l’observation et du travail, et à la créativité, qui exprime la liberté.
Être Maire de Paris, mes amis, c’est décider, accélérer, même quand tout le monde vous dit de faire une pause.
C’est avancer, déranger aussi, dire oui quand tout le monde vous pousse à dire non ; dire non quand tout le monde vous pousse à dire oui.
Ce n’est pas par esprit de contradiction, mais par conviction.
Je reviens sur quelques exemples : la gratuité des transports pour les personnes âgées qui m’a valu une belle crise politique, les berges de la Seine piétonnes, souvenez- vous, les terrasses éphémères, la rue Rivoli débarrassée des voitures, la police municipale… Ce n’était jamais possible et jamais le bon moment.
Élue sur une telle durée, avec de telles responsabilités, c’est énorme.
J’ai connu pas moins de deux Présidents de la République, neuf Premiers ministres, six préfets de police, cher Patrice Faure, cinq préfets de région, cher Marc Guillaume, et… deux présidents du Conseil régional d’Île-de-France ! Un seul président de la Métropole du Grand Paris, cher Patrick.
Ils ont un point commun : ils n’ont connu qu’une seule Maire de Paris.
Merci à toi, cher Patrick Ollier, qui, depuis douze ans, œuvre au quotidien pour inventer et bâtir la Métropole du Grand Paris.
La Métropole est un formidable lieu de dialogue.
Ensemble, cher Patrick, nous avons su organiser une gouvernance partagée, entre la droite, la gauche, le centre et les écologistes, au sein de cette instance réunissant cent trente et une communes de la petite couronne parisienne.
Ce n’était pas gagné d’avance. Mais nous l’avons fait.
La vision qui me guide depuis douze ans, vous la connaissez : améliorer la vie des Parisiens ; rendre notre ville plus agréable ; la préparer au choc climatique, en changeant nos modes de vie ; permettre aux classes moyennes et aux catégories populaires de se loger ; permettre à nos enfants de bien grandir, à nos aînés de mieux vieillir ; accompagner les plus vulnérables ; assurer la tranquillité de nos concitoyens
; sans jamais oublier, le sport, la culture et les arts, qui nous permettent de nous élever, de nous épanouir et d’être heureux ensemble.
Cette vision n’est pas seulement la mienne, je remercie toutes celles et tous ceux qui l’ont portée, et accompagnée, pendant douze ans, l’ensemble de mon équipe municipale, mes adjoints, nos maires d’arrondissement et, évidemment, les présidents de groupe de ma majorité.
Une majorité riche de ses différences, de ses nuances et de ses débats ; mais toujours unie dans l’exigence de servir Paris.
Je salue l’ensemble des conseillers de Paris, de la majorité comme de l’opposition qui ont fait vivre le débat démocratique. C’était parfois tonique ! J’y ai pris ma part.
Je tiens bien sûr à remercier notre Secrétaire générale, très chère Marie Villette, ainsi que son adjointe et ses adjoints.
À travers elle, je veux exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des directrices et directeurs, et aux 55 000 agents municipaux, qui sont le cœur battant de notre service public.
Aujourd’hui, le bilan est là. C’est le nôtre.
J’en suis fière et il nous revient collectivement de le défendre. Ensemble, nous avons mené des batailles.
La première d’entre elles : lutter contre la pollution.
N’oublions pas, à Paris, la pollution tuait 2 500 de nos concitoyens par an.
Dès 2014, j’ai fait un choix clair : sortir du tout-voiture, adapter la ville et la préparer aux chocs climatiques. Le défi du siècle.
Bien entendu, cela a percuté les lobbies des constructeurs automobiles et des énergies fossiles, organisés et habitués à dominer.
Ils n’avaient pas anticipé le rôle clef et l’influence croissante des maires dans le monde. Ils auraient dû nous écouter. Peut-être qu’aujourd’hui le marché de la voiture électrique européen aurait un temps d’avance.
Ça a secoué. Il a fallu tenir bon.
Oui, mettre en œuvre des politiques écologiques, c’est difficile. Il faut faire preuve d’une ligne claire, avec une méthode simple : celle définie par la démocratie.
Autrement dit, par les engagements pris devant les électeurs.
Il faut une grande détermination et un courage à toute épreuve. Sinon, rien ne bouge.
J’ai pris des coups. Tout le monde s’en souvient.
Mais je n’ai jamais détourné le regard : j’ai pensé à l’avenir de nos enfants, ma boussole.
Nous avons gagné tous les combats politiques comme tous les combats devant les tribunaux. Et j’ai été réélue.
Les résultats de notre action sont là, ils sont limpides :
• Moins 25 % d’émissions de gaz à effet de serre depuis 2015.
• Moins 50 % de pollution atmosphérique depuis 2015.
Aujourd’hui, qui songerait à remettre en question la piétonnisation des voies sur berge ? Personne.
L’apaisement du boulevard périphérique par la baisse de la vitesse et la mise en place d’une voie réservée. Nous l’avons fait !
Nous avons engagé une véritable révolution des mobilités.
Nous avons prolongé le tramway de la Porte de la Chapelle à la Porte Maillot et engagé les procédures pour que la boucle soit bouclée.
Nous avons créé plus de 1 500 kilomètres de pistes cyclables sûres, non plus sur les trottoirs, mais sur la chaussée.
Toute révolution des mobilités passe par le vélo, les transports collectifs, la marche à pied et donc, il fallait gagner de la place sur les voitures.
Et le vélo a gagné sur la voiture.
Nous l’avons fait avec la conviction que nous allions sauver des vies. Et c’est le cas.
En vingt ans, le nombre de décès dus à la pollution de l’air a été divisé par deux.
Depuis 2014, les accidents à Paris ont reculé de 34 %.
Et sur le boulevard périphérique, ils ont diminué de 15 % depuis l’abaissement de la vitesse.
Pour adapter notre ville au changement climatique, il fallait évidemment aller plus loin.
Cela passait par plus de nature.
Et la nature s’est déployée partout.
Nous avons planté plus de 150 000 arbres depuis 2020, ouvert plus de 70 nouveaux jardins.
Pour que Paris soit une ville-jardin.
Nous avons transformé nos places parisiennes, pour qu’elles ne soient plus de tristes ronds-points mais des lieux de rencontre et de vie, comme Bastille ou Nation.
La forêt de la place de Catalogne, la forêt du parvis de l’Hôtel de Ville et demain, celle de la place du Colonel Fabien et des réservoirs de Grenelle dans le 15e, illustrent parfaitement la révolution.
Beaucoup expliquaient que cela n’était pas possible.
Il faudra aller encore plus loin. C’est le message que je vous adresse.
Oui, nous avons besoin d’espaces accessibles, ouverts, lisibles, sans entraves inutiles comme les grilles ou les barrières, où l’on peut circuler librement, à toute heure, à pied, à vélo, à l’ombre des arbres, le long de la Seine, des canaux, au cœur même de la ville. Nous qui avons tant souffert à Paris durant le confinement.
J’ai vu des conservateurs s’unir pour maintenir des grilles et des barrières à chaque fois qu’ils le pouvaient.
Quand je pense que certains, ou certaines plutôt, veulent nous enfermer derrière des barreaux et mettre le Champ-de-Mars en cage. Les bras m’en tombent.
Mes chers amis, la deuxième bataille que nous avons menée : c’est celle du logement.
Pour que Paris reste cette ville inspirante, elle doit rester mixte socialement. C’est aussi simple que ça.
Nous avons délibéré, discuté, et souvent nous nous sommes engueulés. Parfois, même très fort. Rappelons-nous, la Promesse de l’Aube dans le 16e.
Là aussi, nous nous sommes heurtés à de nombreux opposants, hurlant de voir leur patrimoine soi-disant dévalorisé.
Nous avons réussi : en vingt ans, Paris a atteint 25 % de logements sociaux. 700 000 Parisiens vivent dans le parc social.
Depuis 2014, nous avons financé près de 100 000 logements familiaux et abordables.
Nous avons construit, rénové, racheté des immeubles, réinventé des quartiers entiers, mis les moyens financiers à la hauteur de notre ambition.
Nous avons transformé des bureaux en logements, nous les avons surélevés, nous avons éradiqué l’habitat insalubre, nous avons préempté les immeubles des marchands de sommeil. Nous les avons fait condamner.
Nous avons transformé des casernes, pour y laisser place à de beaux quartiers : la caserne de Reuilly, dans le 12ᵉ ; celle des Minimes, dans le 3ᵉ ; et bientôt la caserne Exelmans, dans le 16e.
Demain, en face, rue Lobau, les actuels bureaux de la DRH accueilleront plus de 100 familles dans du logement social et abordable.
Et je n’oublie pas l’îlot Saint-Germain, dans le 7e, cher Marc Guillaume. Il vous doit beaucoup.
À chaque fois, quel bonheur d’inaugurer ces logements, de voir et d’entendre la joie des familles, des parents et des enfants, qui profitent enfin de leur propre chambre.
Car le logement, c’est bien plus qu’un toit : c’est ce qui permet de se projeter, de grandir, de penser l’avenir avec sérénité.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là.
Nous avons lutté contre les meublés touristiques.
Nous avons obtenu et défendu l’encadrement des loyers, qu’il faudra défendre encore et encore.
Et nous allons plus loin avec la création de la Foncière parisienne du logement abordable.
Cette bataille pour le logement, je la mène aujourd’hui à l’échelle européenne, avec mes collègues maires de toute l’Europe, parce que nous sommes tous confrontés aux mêmes défis : permettre à la classe moyenne et aux catégories populaires de se loger dans le cœur de nos villes.
C’est désormais une priorité de la Commission européenne. Je m’en réjouis.
Mes chers amis, préparer l’avenir, comme je le disais, c’est d’abord et surtout penser à nos enfants et aux générations futures.
Notre priorité absolue : les protéger face aux prédateurs sexuels.
Oui, des faits inadmissibles, inacceptables, d’une gravité extrême, ont eu lieu. Nous y répondons.
Nous sommes intraitables. Ni excuse ni complaisance.
Tout acte appelle une réponse immédiate.
Je le dis avec la plus grande fermeté : aucune impunité.
Toutes les responsabilités seront établies et toutes les conséquences en seront tirées.
C’est ce que nous avons fait avec le plan d’actions pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux enfants. Ce plan a été présenté par Patrick Bloche le 14 novembre dernier.
Il est aujourd’hui une référence.
Et après avoir eu une adjointe en charge de la protection de l’enfance, j’ai créé la fonction de Défenseure des Enfants, chère Dominique Versini.
Une fonction indépendante, et j’insiste.
Ceux qui connaissent Dominique Versini le savent ; ceux qui ne la connaissent pas vont rapidement le découvrir.
Chaque enfant, chaque parent, dispose désormais d’une interlocutrice identifiée. Paris protégera toujours ses enfants.
Et notre niveau d’exigence est au plus haut.
Nous protégeons les enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Ce sont près de 8 700 enfants qui nous sont confiés.
Nous avons fait des choix clairs. Par exemple, mettre fin à toute prise en charge à l’hôtel pour les adolescents, en construisant une offre d’accueil digne et sécurisée.
Oui, Paris est aujourd’hui le seul département à avoir engagé une telle transformation.
Et nous sommes les premiers aussi à avoir ouvert un centre de soins pionnier pour les enfants confiés à l’ASE, grâce à Céline Gréco, présidente de l’association IM’PACTES.
Protéger, c’est aussi permettre à tous les petits Parisiens de grandir, d’apprendre et de s’épanouir dans notre ville.
Paris compte 620 écoles publiques et 114 collèges.
L’école est notre bien commun, nous la défendons sans relâche.
Dans la ville du quart d’heure, l’école est bien la capitale de nos quartiers.
Nous nous sommes mobilisés face aux fermetures injustes de classes et pour sauver le régime parisien des décharges des directrices et directeurs d’école.
Nous sommes toujours mobilisés pour préserver les postes des 700 Professeurs de la Ville de Paris, les centres de loisirs, les colonies de vacances, toutes nos activités périscolaires, qui doivent rester gratuites.
C’est le modèle parisien.
À Paris, nous défendons l’école publique. Nous sommes aussi des partenaires de l’école privée sous contrat bien sûr.
Nous avons aménagé plus de 200 cours Oasis dans les écoles et dans les crèches et déployé plus de 300 rues aux écoles.
La vision, que j’avais proposée dès 2014, c’est la ville à hauteur d’enfants, où on peut leur lâcher la main.
Et nous ne nous sommes pas arrêtés là.
L’offre artistique, culturelle et éducative est une chance inouïe à Paris.
Je pense aux sorties dans les musées – gratuits –, dans les théâtres, dans les bibliothèques, dans les piscines, dans les stades, dans les gymnases, au cinéma, ou, à la ferme.
Nous avons créé de nouveaux espaces pour apprendre autrement : l’Académie du Climat ; l’école TUMO de la création numérique, l’Académie des Langues et le Théâtre de Concorde.
Ces lieux accueillent chaque année des milliers de petits Parisiens.
À cela s’ajoutent l’« École dehors » dans les jardins publics, et Fluctuat, que j’annonçais ici-même il y a un an, et qui est désormais une réalité.
Ce bateau électrique permet aux petits Parisiens d’apprendre sur l’eau, de naviguer, de comprendre leur fleuve.
Tout cela dit une chose simple : les enfants sont la priorité de notre politique municipale. C’est bien de politique dont il s’agit.
J’ai maintenu le premier tarif de la cantine scolaire à 13 centimes, accordé la gratuité des transports en commun pour les enfants scolarisés de la maternelle au lycée ; j’ai mis en place la gratuité du périscolaire.
Et pour alléger le coût de la rentrée, nos élèves de CP reçoivent désormais des fournitures scolaires gratuites.
Nous avons modernisé la Protection maternelle et infantile, avec des équipes de PMI présentes dans tous les quartiers parisiens, pour accompagner les femmes dès la grossesse, assurer le suivi médical des jeunes enfants.
Parce que la santé de nos enfants est essentielle, nous en avons fait une priorité : des bilans de santé complets dès 5 ans, des actions de prévention sur l’alimentation, le sommeil, l’usage des écrans, la vie affective.
Mes chers amis, parce que la sécurité est un droit, elle ne s’oppose jamais à la liberté.
J’ai porté la création de la police municipale parisienne.
On m’opposait toujours le même argument : Messidor an VIII.
Rassurez-vous, cher Patrice Faure, je ne convoque pas Vidocq. Longtemps, la police municipale a été un tabou à Paris.
Tous mes prédécesseurs étaient contre.
En 2021, la femme de gauche que je suis a fait un choix clair.
J’ai mené la bataille.
Créer une police municipale au service des Parisiens, mixte, avec autant de femmes que d’hommes ; ancrée dans les quartiers, agissant pour la tranquillité publique, en complément de la police nationale, dans un continuum de sécurité.
Aujourd’hui, notre police municipale est la première de France, avec plus de 4 000 agents.
Elle est une référence en termes d’éthique, merci cher Michel Delpuech, ancien préfet de Police de Paris, d’en présider le comité d’éthique à la suite de Jacques Toubon.
Mes chers amis, toutes ces batailles, nous avons pu les mener, avec une majorité solide, parce que nous avons mis les moyens sur la table, que nous n’avons jamais cessé d’investir et de bien gérer.
Depuis 2014, nous avons investi plus de 18 milliards d’euros. Où ? Partout.
Dans le logement, les écoles, les crèches, les jardins, les pistes cyclables, les places, les rues, les théâtres, les musées, les conservatoires, les bibliothèques, les stades, piscines, les gymnases, les EHPAD, les centres de santé, les hébergements d’urgence, le commerce…
Bref, dans la ville et dans la vie.
Investir, c’est préparer l’avenir.
Notre investissement a enrichi de 19 milliards d’euros supplémentaires le patrimoine des Parisiennes et des Parisiens.
Rendez-vous compte : le patrimoine parisien est passé de 28 milliards d’euros en 2014 à 47 milliards d’euros aujourd’hui.
En 2026, la trajectoire financière de la Ville est robuste.
Aujourd’hui, je vous le dis, je vais laisser une épargne brute de près de 800 millions d’euros et une durée de désendettement de 12 ans. Je le redis, 12 ans.
Oui, Paris a tenu le cap d’une gestion responsable et sérieuse sous mes deux mandats.
Les agences de notation sont unanimes : l’endettement de Paris est soutenable et nos fondamentaux sont solides.
Le commissaire aux comptes, sous le contrôle de la Cour des comptes, le confirme. Notre gestion est bonne.
Et j’en suis fière.
Point de faillite, point d’insincérité, point de mise sous tutelle.
J’appelle chacune et chacun à l’honnêteté dans le débat municipal qui s’ouvre.
Pas besoin de mentir ni de manipuler.
La vérité des chiffres est là et je la rappellerai en permanence, chaque fois qu’un mensonge sera prononcé pour nous discréditer.
Comme le disait Jaurès : « nul besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits ».
Mes chers amis, ces batailles, si nous avons pu les mener, c’est aussi parce que Paris est une ville unique.
Paris est Paris.
C’est une ville de liberté, de création et de mixité. Ce n’est pas une ville de l’entre-soi.
Ce n’est pas une ville rabougrie, traversée par les peurs identitaires.
C’est une ville diverse, généreuse, accueillante et ouverte sur le monde, où, je le rappelle, un Parisien sur quatre est né à l’étranger, comme moi, leur Maire.
C’est une ville, où l’on peut aimer qui on veut, quand on veut, pour une nuit comme pour la vie.
Une ville refuge pour les personnes LGBT pourchassées dans de nombreux pays.
Oui, Philippe Katerine, de bleu revêtu dans le banquet de Dionysos pour la soirée d’ouverture des Jeux Olympiques, c’est Paris.
Victor Hugo disait : « Cette ville n’appartient pas à un peuple, mais aux peuples ; elle est le fait démocratique à sa plus haute expression ; le genre humain a droit à Paris ».
Paris, depuis toujours, est une ville qui parle au monde et qui, lorsque l’histoire l’exige, prend sa part.
Paris a toujours été à l’avant-garde pour défendre et affirmer les valeurs républicaines.
Autrement dit : la liberté d’expression, la laïcité, la liberté de la presse, l’État de droit ; la lutte contre l’antisémitisme, la lutte contre le racisme, la lutte contre le sexisme, la lutte contre les discriminations, pour l’humanisme face à la haine.
Ce sont nos valeurs et je n’ai jamais faibli.
J’ai parlé d’antisémitisme. Comme chaque année depuis douze ans, je m’apprête à me rendre à Auschwitz le 25 janvier prochain, avec une délégation d’élus, à l’invitation du Mémorial de la Shoah que je veux saluer ici.
La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les jours.
Je n’oublie pas qu’il y a 20 ans, Ilan Halimi était enlevé, torturé et tué parce que juif. Ce combat, je le tiens de l’histoire de Paris.
Paris a connu les rafles, celle du billet vert, celle du Vél d’Hiv. Non, Pétain n’a pas protégé les Juifs. Bien au contraire.
Je lutterai, coûte que coûte, contre celles et ceux qui tentent toujours de le réhabiliter. Rappelons-nous.
Plus de 73 000 Juifs ont été déportés de France, dont 11 000 enfants qui ne sont pas revenus, 6000 d’entre eux étaient Parisiens.
Cette histoire c’est la nôtre. Elle nous oblige. Si l’on baisse la garde face à l’antisémitisme, ce sont toutes les atteintes à la dignité humaine qui surgissent.
Ne rien laisser passer. Jamais !
Paris est une ville qui résiste.
Dans un monde traversé par les replis identitaires, la désinformation, la manipulation et le négationnisme, j’ai toujours fait le choix d’agir en faisant confiance à la créativité et à l’intelligence collective.
Paris est une ville de savoir, une capitale universitaire. En 2014, Paris comptait 300 000 étudiants.
Aujourd’hui, et c’est une force, 475 000 jeunes étudient à Paris, dans près de 1000 établissements d’enseignement supérieur.
Ils font battre le cœur de notre ville.
Dans ce monde, il est indispensable de valoriser les savoirs, la recherche et de restaurer la confiance dans la science.
Dans la période que nous traversons, nous avons plus que jamais besoin de la culture et des artistes.
Les artistes ont une capacité unique à nous éclairer et à interpréter ce qui touche au monde.
Ils nous offrent un miroir utile et révélateur, qui passe aussi par l’émotion et par le cœur.
Parce que Paris est une ville d’audace, nous soutenons la création, dans toute sa diversité, en protégeant les artistes, les lieux indépendants, les grandes institutions comme les scènes de proximité ou les cinémas.
J’ai décidé de renforcer le budget de la culture, quand d’autres ont fait le choix de le diminuer.
Et la vie culturelle parisienne est foisonnante.
Au Théâtre du Châtelet, cher Olivier Py : quel bonheur de célébrer la Cage aux folles, avec tant de beauté, de bienveillance, d’humanité et d’humour.
Au Théâtre Sarah Bernhardt, cher Emmanuel Demarcy-Mota, merci d’avoir mis en place l’accès au théâtre pour les petits Parisiens dans le cadre des activités périscolaires.
Et merci pour ton audace d’avoir ouvert nos places au chant et à la danse, au rythme de Pina Bausch ou de Hofesh Shechter.
Quels bonheurs !
Depuis 2014, nous avons voulu créer de grands moments de rassemblement et de communion.
De Paris en Seine au feu d’artifice du 31 décembre, du Bal de l’Amour au Carnaval tropical, du 14 juillet à la Nuit Blanche, dont la prochaine édition, le 6 juin 2026, sera placée sous le signe de la fête avec la très talentueuse Barbara Butch.
Paris est aujourd’hui plus que jamais une fête. C’est un acte politique.
Célébrer la culture, c’est aussi préserver et transmettre un patrimoine exceptionnel. C’est notre héritage.
C’est l’héritage des Parisiennes et des Parisiens.
Nous avons engagé un effort sans précédent depuis 2014 pour restaurer les églises parisiennes, avec le Plan Églises.
En 2025, nous avons eu la joie de célébrer de grands anniversaires de notre histoire parisienne.
Les 150 ans de la Synagogue de la Victoire.
Les 120 ans de la Fédération protestante de France.
En 2026, nous célébrerons les 100 ans de la Grande Mosquée de Paris !
Je n’oublie pas la Grande Pagode du Bois de Vincennes, que nous avons aussi restaurée !
Et quel bonheur d’avoir accueilli, à Paris, la communauté de Taizé avec plus de 15 000 jeunes du monde entier, porteurs d’un message de fraternité et d’espérance.
Je veux à nouveau saluer très chaleureusement tous les représentants des cultes.
Par votre engagement, vous contribuez à ce que Paris demeure toujours une ville de respect, de dialogue et de liberté de conscience.
Et Paris, mes amis, n’a jamais oublié de se souvenir.
Et dans les moments les plus difficiles, Paris a su rester vivante et debout.
Les commémorations des attentats de novembre 2015, le 13 novembre dernier, ont constitué un moment de cohésion nationale et de souvenir incroyable.
Dix ans après, Paris n’a rien oublié.
Le jardin en hommage aux victimes des attentats, place Saint-Gervais, en face de l’Hôtel de Ville, est l’aboutissement de ce devoir de mémoire patient, mené avec les associations de victimes, LifeForParis et 13Onze15 – Fraternité et Vérité, cher Arthur Dénouveaux, cher Philippe Duperron,
Pierre après pierre, arbre après arbre. C’est un lieu de recueillement et de vie. Il dit tout de la résistance de Paris.
Il dit ce que notre ville oppose à la barbarie, la fraternité, la justice et la culture.
La mémoire, c’est aussi rattraper un retard.
Trop souvent, et encore aujourd’hui, les femmes sont invisibilisées ou privées de reconnaissance.
Cette invisibilisation, ce dénigrement permanent de leur rôle, j’en sais quelque chose. Je le refuse.
En douze ans, nous avons rendu plus de 410 hommages à des femmes.
Nos grandes figures : Simone Veil, Cécile Rol-Tanguy, Maryse Condé, Gisèle Halimi, Marceline Loridan et note chère Line Renaud, honorée de son vivant.
Mais aussi les femmes afghanes, Mahsa Amini, devenues le symbole d’un combat universel pour la liberté et la dignité.
Demain, nous réparerons encore ces injustices : la tour Eiffel portera le nom de 72 femmes scientifiques.
Mes chers amis, Maire de Paris, c’est exercer une fonction indissociable de notre histoire et de notre mémoire : celle d’une capitale qui parle au monde entier.
Jacques Chirac l’avait parfaitement compris.
Être Maire de Paris, c’est porter les ambitions et le rayonnement d’une ville célébrée pour sa beauté, sa liberté et sa grandeur.
Paris est une grande capitale ultramarine et coopère avec les villes d’outre-mer.
J’ai ce matin une pensée toute particulière pour mon très cher ami Jacques Martial, parti trop vite, trop tôt. Un homme de culture exceptionnel, un artiste, un homme de grandes convictions, un humaniste. Il nous manque terriblement.
Le Mémorial national dédié aux victimes de l’esclavage, que nous portons avec l’État, verra bientôt le jour dans les jardins du Trocadéro. L’une de ses allées portera le nom de notre ami Jacques Martial.
Comme mes prédécesseurs, je me suis rendu dans les Outre-Mer.
J’ai eu la chance de m’incliner en votre nom, à l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, où reposent les Communards déportés au bagne après la Commune et la semaine sanglante.
Les Jeux Olympiques de Paris, bien sûr, à notre plus grand bonheur, ont embarqué Tahiti et sa vague iconique.
Mais, l’action de Paris va bien au-delà du bout de la France.
Je souhaite remercier très chaleureusement les ambassadeurs présents en nombre ce matin.
Vous avez toujours été aux côtés de Paris, répondu à toutes les initiatives, toutes les invitations.
Nous avons porté tant de projets ensemble.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques, pour lesquels vous avez été des acteurs exceptionnels.
Je n’oublie pas que vous êtes aussi des Parisiens aguerris, des Parisiens de cœur.
Je suis toujours sensible à vos témoignages enthousiastes sur la beauté et les transformations de Paris que nous avons accomplis.
Mais puisque « seule Paris est digne de Rome, seule Rome est digne de Paris », nous célébrons à la fin du mois les soixante-dix ans de notre jumelage avec la cité éternelle.
Je m’y rendrai le 29 janvier accompagnée de tous les présidents de groupe.
Et, le lendemain, à l’Hôtel de Ville, nous accueillerons le maire de Rome, Roberto Gualtieri, mon ami.
Vous serez toutes et tous conviés à cette soirée d’anniversaire.
Nous le savons, la coopération parisienne va bien au-delà de l’Europe.
Je préside l’Association internationale des maires francophones, un réseau qui rassemble plus de trois cents maires à travers le monde, dont de nombreux maires africains.
Cette organisation est unique. Elle agit concrètement.
C’est un lieu de dialogue, de confiance, où se tissent des coopérations durables et de véritables amitiés.
C’est ce qui nous a permis de maintenir des liens avec des maires de pays frappés par des crises profondes, que ce soit au Niger, au Burkina Faso ou au Mali.
Je vous le dis, quand les crises atteignent les sommets, quand la diplomatie des États rencontre ses limites, les maires demeurent souvent les derniers recours.
C’est pour cela que je me rendrai à Nouakchott, dans les prochaines semaines, pour présider ma dernière réunion du bureau de l’AIMF.
C’est pour cela aussi que nous avons noué un partenariat spécifique avec N’Djamena, au Tchad.
Et je porterai au prochain Conseil de Paris une délibération pour nommer, dans le 12e, une allée N’Djamena bordant la place Félix Éboué. Il fut le premier gouverneur de Fort-Lamy à rallier la France Libre avec le colonel Leclerc.
Oui, c’est cela, la diplomatie des villes.
Paris, vous le savez aussi, assume pleinement son rôle sur la question climatique.
Le C40, qui rassemble les 100 plus grandes métropoles mondiales engagées contre le réchauffement climatique, en est un exemple majeur. J’ai eu l’honneur de le présider de 2016 à 2019.
Et en décembre 2015, la COP21 faisait battre le cœur de la planète. C’est un souvenir extraordinaire.
1 000 maires du monde entier à l’Hôtel de Ville.
Pendant quelques jours, le monde s’est réuni ici pour répondre à l’un des plus grands défis de l’humanité.
Dans la ville de la Commune, des révolutions, des déclarations des droits humains, l’Accord de Paris est une promesse aux générations futures qui nous oblige.
La bataille climatique se joue et se gagne dans les villes. Paris n’a cessé d’assumer ce rôle de ville-monde engagée.
C’est une ville influente, regardée, écoutée et respectée dans le monde entier. Cette place singulière de Paris dans le monde, je la revendique.
Elle a été gagnée avec la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques. Et, quels Jeux !
Ils ont été un moment de vérité, et pour certains, une révélation.
Après tant d’échecs, il fallait une femme de gauche et écolo, pour porter, avec Tony Estanguet, la candidature gagnante de Paris.
Nous l’avons obtenue grâce à une méthode nouvelle et toute simple : les athlètes devant, les politiques en appui : la Ville, l’État, la MGP et la Région rassemblés.
Je veux encore une fois remercier l’un des grands artisans de cette si belle aventure collective, cher Tony Estanguet, qui a été notre merveilleux capitaine.
Oui, nous avons su organiser des Jeux à la hauteur de nos promesses.
Nous avons vécu un moment exceptionnel de fraternité universelle dans un monde traversé par les guerres, les crises et les doutes.
Et c’est aussi cela, Paris, sa force : toujours se rassembler, et rassembler. Le sport nous a permis d’aller plus vite, plus loin et plus fort.
Les Jeux laissent un héritage impressionnant, qui profite à tous, dans tous les quartiers.
La Porte de La Chapelle en est l’une des transformations les plus spectaculaires.
Avec l’Adidas Arena, et avec les dix statues de femmes qui ont illuminé la cérémonie des Jeux.
Et demain, le campus Condorcet, accueillera 4 500 étudiants et chercheurs au cœur du quartier.
Je pense aussi aux baignades dans la Seine, cher Marc Guillaume.
Pour la première fois depuis plus de 100 ans, les Parisiennes et les Parisiens ont pu se baigner dans la Seine.
Ce qui semblait impossible hier est devenu une réalité, pour toutes et tous.
Nous avons des devoirs à l’égard de notre fleuve, autour duquel s’est construit Paris. Il nous revient désormais de lui reconnaître sa personnalité juridique.
Les Jeux Paralympiques ont été inclusifs. Ils nous ont permis de progresser.
17 quartiers ont été livrés, pour que Paris soit la référence en matière d’accessibilité universelle.
Nous avons aussi accéléré la rénovation de nos équipements sportifs de proximité, partout dans la ville.
Oui, Paris est une ville où le sport se pratique au quotidien et partout : dans les city- stades, dans les parcs, dans la rue, sur les berges. Partout. C’est ça Paris.
Et nos clubs professionnels font rayonner Paris bien au-delà de nos frontières. Et quelle année !
Le Paris Saint-Germain a remporté une magnifique première Ligue des champions. Le Paris FC a accédé à la Ligue 1 et cette semaine, a même remporté le derby parisien. Les féminines du Paris FC ont été sacrées championnes de France. C’est chaud !
Et le Paris Basketball a décroché son premier titre de champion de France. Eh oui, à chaque fois, c’est Paris qui gagne.
Les classements internationaux placent Paris en haut de tous les podiums.
En 2025, nous sommes la deuxième meilleure ville au monde pour la qualité de nos aménagements cyclables.
La même année, nous nous hissés au troisième rang du World’s Best Cities pour la qualité de vie.
Paris a aussi été désignée première ville européenne pour les enfants par l’ONG Clean Cities.
Ces prix et beaucoup d’autres sont le résultat d’un travail collectif.
Et les Parisiens nous manifestent tous les jours leur satisfaction : les jeunes, les familles, les actifs, les enfants, les femmes…
Je ne boude pas le plaisir d’être leur Maire.
Oui, mes chers amis, tout ce que nous avons accompli ces douze dernières années, c’est grâce à une méthode : délibérer, parler à hauteur de regard, construire ensemble, donner la parole et décider collectivement. Pas besoin de dépenser en sondage.
Cette méthode, c’est la démocratie.
Nous l’avons fait avec le budget participatif, les assemblées citoyennes tirées au sort, les votations citoyennes, les concertations en tous genres, dans toute la ville, partout et tout le temps.
En douze ans, ce sont des centaines de milliers de personnes de tous les âges qui se sont exprimés et ont directement participé à l’élaboration des politiques qui les concernent et à l’amélioration de leur quotidien.
En douze ans, ce sont 3 200 projets qui ont été réalisés dans tous les quartiers grâce au budget participatif.
Et nous l’avons fait parce que nous croyions profondément en la démocratie : au pouvoir de penser, à celui d’agir et à l’intelligence collective.
Les votations citoyennes ont permis de trancher directement sur des sujets d’intérêt général, des SUV aux rues-jardins, en passant par les trottinettes, rappelez-vous.
Cette force, elle vient de toutes celles et ceux qui s’engagent ; de tous les volontaires de Paris, des 700 000 bénévoles parisiens, des 70 000 associations, mais aussi de toutes celles et ceux qui se portent volontaires tout le temps, et notamment lors des nuits de la solidarité.
Ce sont les fers de lance de notre démocratie locale, les meilleurs antidotes contre la haine, les fractures, les divisions et les mensonges qui minent la confiance ô combien nécessaire entre les citoyens et leurs élus.
Les citoyens sont la force de Paris. Du fond du cœur, je veux leur dire : « merci ».
Et dans quelques jours, le 22 janvier, justement avec les associations, les bénévoles et les volontaires, nous organiserons la 9e Nuit de la Solidarité.
Initiée ici, à Paris, cette démarche a essaimé : aujourd’hui, plus d’une trentaine de communes s’en sont saisies, notamment en Île-de-France, avec ton soutien, cher Patrick Ollier.
Avant d’achever mon propos, je ne veux pas oublier l’année 2026.
Je continuerai d’agir et de livrer jusqu’à la dernière minute.
Des équipements publics ouvriront leurs portes, des espaces publics seront transformés, et des quartiers continueront de changer de visage.
Je pense à plus de nature en ville : à la forêt de la place du Colonel-Fabien, que nous inaugurerons en mars ; à la nouvelle place Félix-Éboué, que nous inaugurerons le 31 janvier.
Nous allons planter des arbres sur le réservoir de Grenelle, qui, je vous l’annonce, portera le nom d’Anne Sylvestre. Nous l’inaugurerons en mars.
D’ici la fin du mois de mars, 21 000 arbres supplémentaires seront plantés, 92 nouvelles rues seront végétalisées, 42 nouvelles Cours Oasis seront créées, notamment à l’école maternelle Pelleport dans le 20e, aux écoles élémentaires Robert Jean Longuet et Léonie Wanner dans le 12e, au collège Aimé Césaire dans le 18e.
Nous continuons à rénover nos écoles.
Trois opérations de très grande envergure démarrent cette année : à l’école Franc- Nohain dans le 13e, à l’école Romainville dans le 19e, à la cité scolaire Jacques-Decour dans le 9e.
La petite enfance n’est pas en reste.
La crèche Saint-Roch, à Paris Centre, va être réouverte.
La construction de la piscine Georges-Carpentier dans le 13e sera lancée, le gymnase Berlemont, dans le 11e sera reconstruit.
Le centre de PMI Surmelin, dans le 20e, réouvrira dans les prochains mois. Enfin, nous poursuivons jusqu’au bout la livraison de logements sociaux. Près de 200 logements seront livrés dans les prochaines semaines.
La caserne Exelmans, dans le 16ᵉ, avec 129 logements. La rue Amelot, dans le 11ᵉ, avec 95 logements.
Et enfin, la rue du Docteur-Blanche, dans le 16ᵉ, avec 42 nouveaux logements.
En 2026 toujours, nous commencerons les travaux d’aménagement des abords de Notre-Dame, avec cette boussole qui nous accompagne, encore plus de nature.
Nous avons enfin lancé la métamorphose du quartier Montparnasse en signant la semaine dernière le protocole, en présence du très grand architecte, Renzo Piano, et les maires des 15ᵉ et 6ᵉ, que je remercie.
Cette année verra aussi le lancement du réaménagement de la place de la Concorde, en partenariat avec l’État. Ce projet fait unanimité.
Nous allons également réaménager la place du Trocadéro et son esplanade. Je veux remercier, cher Patrice Faure, pour ce travail d’adaptation que nous avons fait.
À l’automne, la Tour Triangle sera livrée.
Elle ajoutera un repère au grand paysage du métropolitain, en dialogue avec les Tours Duo et le Tribunal de Paris, œuvres de grands architectes, Jean Nouvel et Renzo Piano, qui a obtenu l’Équerre d’argent en 2017.
J’inaugurerai aussi deux lieux en l’honneur de deux grands premiers ministres : le jardin Mário Soares dans le 20e, défenseur de la démocratie au Portugal et en Europe, et la place Shimon Peres, dans le 4e, prix Nobel de la paix en 1994 pour sa participation aux pourparlers de paix ayant mené aux accords d’Oslo, aux côtés de Yasser Arafat et d’Yitzhak Rabin.
Et dans le 5e, nous ouvrirons la Maison de la Paix, portée par la communauté de Sant’Egidio. Un lieu d’accueil et de fraternité, fidèle à l’histoire de Paris.
Ce mois-ci, et je m’en réjouis, les travaux de la Fondation Giacometti, dans le 7e arrondissement, vont débuter.
Quelle chance pour Paris, et quelle chance pour la culture !
Le Petit Palais entrera, lui, dans une nouvelle étape de son histoire.
Ce musée emblématique continue de se réinventer, en s’ouvrant à toutes les formes de création, du street art, à la musique, en passant par la danse.
Plus qu’un musée, le Petit Palais deviendra un lieu culturel vivant, ouvert sur la ville. Quelle belle année pour Paris !
Mes chers amis,
2026 sera une année décisive pour l’Europe, pour l’Ukraine, et, je l’espère, pour la paix. J’en forme le vœu.
Oui, depuis bientôt quatre ans, nos frères et nos sœurs d’Ukraine résistent avec un courage admirable, cher Vadym Omelchenko. Je tiens à vous rendre hommage.
Face aux bombardements, aux destructions, à la tentative d’effacement d’une nation, des millions de femmes et d’hommes tiennent, jour après jour, souvent au prix de leur vie.
Je pense tous les jours à Kyiv, à mon collègue et ami, Vitali Klitschko.
Je me rendrai à nouveau en Ukraine dans les prochaines semaines pour témoigner et apporter le soutien de Paris.
Paris est aux côtés des Ukrainiennes et des Ukrainiens qui se battent pour leur liberté et les valeurs européennes.
Ces valeurs sont les nôtres. Leur liberté est la nôtre.
Je pense aussi aujourd’hui au peuple iranien qui se lève avec courage contre l’oppression.
Nous ne l’oublions pas.
Depuis des mois, et à nouveau ces derniers jours, des femmes et des hommes manifestent face à une répression d’une immense brutalité, pour leur dignité, pour leur liberté, pour leur vie.
Encore une fois, les femmes iraniennes sont en première ligne.
Au péril de leur vie, elles portent un combat universel pour l’égalité, la liberté et la dignité humaine : Femme, Vie, Liberté.
Paris se tient à leurs côtés.
Mes chers amis,
À l’heure d’achever, non sans une réelle émotion, ces derniers vœux en tant que Maire de la plus belle ville du monde, je veux élargir un instant le regard.
Derrière nous, il y a deux mandats de travail acharnés, de transformations, de combats assumés et de réussites.
Et devant nous, il y a une année décisive.
En 2026, les Parisiennes et les Parisiens auront à faire un choix qui engage l’avenir de notre ville.
Parce que rien n’est jamais acquis : ni l’écologie, ni la solidarité, ni la démocratie. Ce qui est en jeu, ce n’est pas une alternance ou une succession.
C’est d’abord une vision de Paris, un rapport à Paris et à la démocratie.
Les tentations de brutalité, de manipulation, d’ingérences étrangères et de mensonges progressent dangereusement dans le débat public et démocratique, partout dans le monde. Nous le vivons aussi à Paris.
Toutes les batailles que nous avons menées nécessitent une démocratie solide et vivante, des élus courageux, qui travaillent pour le bien commun et sans conflits d’intérêts ; une justice indépendante, le respect de l’État de droit ; des médias libres ; et des citoyens actifs et engagés.
Dans cette bataille que nous livrent les ingénieurs du chaos, les villes sont en première ligne.
Paris l’est. Paris le restera.
Je crois profondément en la vocation universelle de Paris. Pour qu’elle le reste, il faudra du courage.
Je fais confiance aux Parisiennes et aux Parisiens : à leur exigence, leur lucidité et leur attachement à cette ville si particulière, à nulle autre pareille.
Quant à moi, c’est avec émotion, fière du travail accompli, pour vous et pour vos enfants, que je quitterai mes fonctions en mars 2026.
Quel immense bonheur d’avoir été votre Maire pendant douze ans. Le bonheur de servir cette ville unique au monde.
Le bonheur de voir Paris se réinventer chaque jour. Et d’y prendre ma part.
Où que je sois, je continuerai à œuvrer pour les valeurs qui sont les nôtres, toujours guidée par les valeurs humanistes de Paris.
Mais rien de ce que nous avons accompli n’aurait été possible sans vous et votre confiance.
Sans les Parisiennes et les Parisiens.
Victor Hugo disait : « Paris est un semeur. Où sème-t-il ? Dans les ténèbres. Que sème-t-il ? Des étincelles. ».
Ces étincelles, aujourd’hui, ce sont celles de l’engagement, du courage et de l’espérance.
Elles nous obligent, et ce sont les lumières de Paris qui nous rassemblent. L’espérance, c’est dessiner un chemin.
Comme le disait Jaurès, c’est « avoir l’ambition de penser un autre avenir ».
Mes chers amis, je souhaite à chacune et à chacun, ainsi qu’à celles et ceux qui vous sont chers, une très belle et heureuse année 2026.
Plus que jamais, Vive Paris.