Évacuation du campement devant le Samu social de Paris : la Ville de Paris déplore une opération sans solution, et appelle à un renforcement des moyens d’hébergement d’urgence
Communiqué
Mise à jour le 13/08/2026 à 12h20
Solidarité
Logement
Alors que les services de l’Etat ont procédé ce jeudi 13 août à l’évacuation du campement installé depuis plusieurs semaines sur le parvis du Samu social de Paris (13ᵉ), rassemblant environ 400 personnes dont au moins 150 enfants, la Ville de Paris déplore qu’une telle opération ait été conduite sans solution sérieuse et pérenne de mise à l’abri.
La Ville de Paris s’était opposée à cette évacuation, anticipant la remise à la rue de très nombreux enfants présents sur le campement, et ce, en pleine alerte canicule. Elle regrette que les solutions de prise en charge proposées par l’Etat ne répondent pas aux besoins identifiés pour les personnes sur place. Elle avait, ces derniers jours, organisé la prise en charge de près de 80 femmes enceintes et familles avec des enfants en bas âge vivant dans ce campement, conformément à son engagement dans la protection des plus vulnérables.
La Ville assume ses responsabilités
Cette situation est le reflet d’un constat énoncé par la Ville depuis longtemps désormais : la saturation des dispositifs d’hébergement d’urgence de l’Etat est telle que de très nombreuses personnes sont contraintes de vivre à la rue. Actuellement, plus de 2000 personnes dorment sur les trottoirs parisiens.
Par la mobilisation de structures municipales temporaires et de solutions d’urgence construites avec le secteur associatif, la Ville héberge pourtant d’ores et déjà plus de 2000 personnes. Chaque semaine, les équipes municipales et associatives identifient et orientent les personnes les plus vulnérables, en particulier les enfants et les femmes seules, vers des solutions de mise à l’abri.
Cet engagement massif de la collectivité ne saurait masquer ni compenser le manque criant de solutions d’hébergement d’urgence proposées par l’Etat. Ces derniers jours, la suppression supplémentaire de 300 places d’hébergement ouvertes cet hiver à Paris devrait conduire à augmenter encore le nombre de personnes à la rue. Cette situation est indigne et pourrait cesser si des moyens étaient mis à la hauteur des besoins.
A quand un véritable travail partenarial ?
La Ville de Paris demande une nouvelle fois au gouvernement :
• La mobilisation immédiate de solution d’hébergement en Ile-de-France pour les familles restées sans solution après l’évacuation du parvis du Samu Social ;
• L’ouverture d’un travail partenarial pour adapter les dispositifs existants, notamment les CAES et les SAS régionaux, aux besoins constatés sur le terrain (durée d’hébergement, accompagnement social, scolarisation des enfants, accès aux soins) ;
• La mise en place d’un plan d’urgence au niveau du Grand Paris pour résoudre durablement la crise de l’hébergement.
« Paris ne s’est jamais dérobée, elle ne se dérobera pas. Nous faisons bien plus que notre part, sans mise en scène, mais nous n’accepterons jamais des opérations qui reviennent, en pratique, à remettre des enfants à la rue. Nous attendons de l’État qu’il assume pleinement ses obligations légales et morales en matière d’hébergement d’urgence » déclare le Maire de Paris, Emmanuel Grégoire.