Nuit de la Solidarité 2026 : 3 857 personnes sans solution d’hébergement recensées à Paris et 1 083 dans 33 communes de la Métropole du Grand Paris
Communiqué
Mise à jour le 18/02/2026 à 18h03
Solidarité
Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 janvier 2026, plus de 2 000 volontaires parisiens (1 500 Parisiennes et Parisiens et 500 professionnels) et plus de 2 200 bénévoles métropolitains sont allés à la rencontre des personnes sans-abri à Paris et dans une trentaine de villes métropolitaines, pour mener un nouveau décompte lors de la 9ème édition de la Nuit de la Solidarité.
Le chiffre global présente une augmentation de 10% par rapport aux décomptes de l’an dernier, liée principalement à la hausse des personnes rencontrées au sein de campements.
La
Nuit de la Solidarité est organisée par la Ville de Paris et les autres villes
volontaires de la Métropole du Grand Paris, en partenariat avec l’Atelier
Parisien d’Urbanisme (APUR) qui assure l’accompagnement méthodologique du
décompte des personnes sans-abri une nuit donnée. Ces premiers résultats seront
consolidés d’ici l’été 2026.
Les
premières estimations font état de 3 857
personnes sans solution d’hébergement sur le territoire parisien la nuit du
jeudi 22 au vendredi 23 janvier 2026 à Paris.
Ce
résultat marque une hausse de 350 personnes rencontrées par rapport à l’édition
2025 : elle s’explique principalement par l’augmentation du nombre de
personnes vivant en campement de plus de 20 personnes. En effet, près d’une personne
sur 5 (721) a été rencontrée dans un groupe de 20 personnes ou plus (> 174
en 2025). Alors qu’en 2025, 7 campements étaient identifiés dans Paris, 16
groupes de plus de 20 personnes ont été recensés cette année.
Autre
enseignement : la baisse de la proportion des femmes décomptées par rapport à
l’année précédente (11% en janvier 2026 < 14% en janvier 2025), pouvant être
liée à l’organisation des mises à l’abri dans les jours précédents la Nuit de
la Solidarité dans le cadre du plan Grand Froid et à des dispositifs
exceptionnels ouverts par la Ville de Paris.
70%
personnes ont été rencontrées par des équipes de bénévoles et de professionnels
dans les rues de Paris et 30% au sein de secteurs spécifiques couverts par des
équipes de professionnels :
● 400 sur les talus du
périphérique, dans des campements et dans des parcs et jardins (+64 par rapport
à 2025),
● 233 dans les bois de Boulogne et
Vincennes (+43),
● 210 dans les stations de métro
et de RER de la RATP (+42),
● 171 dans les gares de la SNCF (-29),
● 40 dans des parkings (-12),
● 66 à des adresses de bailleurs
sociaux (+25),
● 31 dans les hôpitaux de l’AP-HP (-31).
Comme
pour chaque édition, ce premier résultat, faisant état de 3 857 personnes sans
hébergement, n’intègre pas le nombre de personnes mises à l’abri dans le cadre
de l’offre d’hébergement d’urgence qui relève de la compétence de l’Etat. Au 31 décembre 2025
et hors plan grand froid, 44 000 places d’hébergement sont régulées par le
SIAO 75 tous dispositifs confondus (évolution : - 1794 places entre
décembre 2023 et décembre 2025 à destination du public parisien).
En
complément, 1000 places ont été créées depuis 2023 par la Ville de Paris, allant
au-delà de ses compétences, pour transformer des bâtiments municipaux en
centres de mise à l’abri. 1800 personnes sont actuellement hébergées dans ce
cadre :
- 1400 personnes en familles, dont 700 enfants, réparties sur six sites de
mise à l’abri provisoire, cinq gymnases et plusieurs hôtels sociaux sur Paris
et en dehors de Paris.
- 400 jeunes répartis au sein de 5 sites différents : deux hôtels, deux
gymnases et un site de mise à l’abri provisoire dans les locaux d’un ancien
collège.
« Pour cette 9ème édition de
la Nuit de la Solidarité, plus de 2000 habitantes et habitants ont répondu
présents pour aller à la rencontre des Parisiennes et des Parisiens les plus
fragiles. Un immense merci à vous toutes et tous !
Les premières estimations
partagées ce soir viennent confirmer une situation très inquiétante : la
hausse des personnes en situation de rue à Paris, et en particulier au sein de
campements de fortune. Cette situation humanitaire et sanitaire ne peut plus
durer. Comme Paris l’a toujours fait, nous participons aux côtés de l’Etat à
l’effort de création de places d’hébergement pour accueillir dignement les
personnes. Cette semaine encore, 2 nouveaux centres ouvrent leurs
portes dans les 5e et
15e arrondissements pour mettre à l’abri des familles avec enfants,
et des jeunes lycéens vulnérables. Au total, ce sont plus de 500 places qui ont
été ouvertes par la Ville de Paris depuis le début de l’hiver. » déclare
Anne Hidalgo, Maire de Paris.
Pour cette édition 2026, les
premières estimations font état de 1 083 personnes sans-abri décomptées dans
les 33 communes de la Métropole du Grand Paris ayant participé à
l’opération, soit une hausse de 32% du nombre de personnes sans-abri observée
sur un an (+248 personnes). Deux d’entre elles expérimentaient la méthode
pour la première fois : Epinay-sur-Seine et Noisy-le-Grand.
60% des personnes ont été
rencontrées dans les rues des 33 communes, 40% dans des secteurs spécifiques : des campements et installations
le long de l’autoroute A86 ; les salles d’attente de trois hôpitaux ; le
secteur de la Défense ; des parkings souterrains privés couverts le soir de
l’opération et des espaces communs de bailleurs sociaux ou de foyers…
Plus de 100 personnes ont été décomptées
dans deux communes :
dans la commune nouvelle de Saint-Denis (395 personnes sans-abri dont 254
en groupes de 20 personnes ou plus, contre 203 en janvier 2025) et à
Saint-Ouen (133 personnes, dont 100 dans un campement, contre 22 en 2025).Entre 50 et 100 personnes sans-abri
décomptées dans trois communes
: Bobigny (87 personnes, dont 20 dans un campement), Pantin (72, dont 47
dans un campement) et Noisy-le-Grand (55, dont 23 personnes dans un
campement).Entre 10 et 50 personnes sans-abri décomptées
dans 11 communes : Gagny
(36, dont 30 en campement), Courbevoie (33), 31 dans le périmètre de la
Défense hors de Courbevoie, Rosny-sous-Bois (31), Nanterre (28), Colombes
(27), Aubervilliers (26), Sevran (20), Issy-les-Moulineaux (13), Bondy
(12), Clichy-sous-Bois (12), Villejuif (12). Dans 13 communes, moins de 10 personnes ont
été décomptées :
Rueil-Malmaison (8), Epinay-sur-Seine (8), Athis-Mons (7), Vincennes (6),
Alfortville (6), Le Kremlin-Bicêtre (5), Sèvres (4), Tremblay-en-France
(4), Romainville (4), Montrouge (3), Juvisy-sur-Orge, (2), Les Lilas (2),
Le Pré-Saint-Gervais (1).Aucune personne rencontrée dans 4 communes : Chaville, Livry-Gargan,
Villeneuve-la-Garenne et Villetaneuse.
« La Nuit de la Solidarité métropolitaine permet
de disposer de connaissances fines et actualisées des publics, de leurs besoins
et de leurs attentes. Depuis la Nuit de la Solidarité organisée en 2022 pour la
première fois à l’échelle de la Métropole du Grand Paris, sous l’impulsion du
conseiller métropolitain délégué au développement de l’offre d’insertion, avec
neuf communes volontaires, jamais autant de communes n’ont participé à ce
décompte. Je salue l’engagement des 33 communes métropolitaines mobilisées, et
de leurs maires, ainsi que les plus de 2 200 volontaires, citoyens et
professionnels, et 120 associations qui ont contribué à la réussite de
l’opération et qui ont permis d’étendre le périmètre d’action de cette nouvelle
édition et d’objectiver les phénomènes de sans-abrisme hors Paris, mettant en
exergue, à périmètre constant, les évolutions annuelles.», Patrick Ollier,
Ancien Ministre, Président de la Métropole du Grand Paris, Maire de
Rueil-Malmaison.
La Métropole du Grand Paris, en
partenariat avec l'Apur, a une nouvelle assuré la coordination métropolitaine
de cette opération en lien avec les 33 communes volontaires. Plus de 2
200 participants, volontaires et professionnels, et 120 associations ont
contribué à la réussite de l’opération. La Métropole du Grand Paris met
notamment à disposition des communes un « Kit enquête » (dont le
questionnaire des entretiens avec les personnes sans abri), assure une prise en
charge financière de frais logistiques et matériels, ainsi que mutualise un
socle commun en matière de communication.
« Les résultats de cette nouvelle Nuit de la
Solidarité nous obligent collectivement. La hausse continue du nombre de
personnes sans-abri n’est pas une fatalité, elle est le reflet de crises
multiples, mais aussi d’un déficit persistant de réponses à la hauteur des
besoins.
Avec la Métropole du Grand Paris et la Ville de Paris,
l’UNCCAS réaffirme la nécessité d’un engagement durable, coordonné et ambitieux
pour garantir à chacune et chacun un accès effectif à l’hébergement, au
logement et à l’accompagnement social.
Nos territoires sont prêts à agir ; ils ont besoin
d’un soutien renforcé et pérenne. » Luc
Carvounas, Président de l’union nationale des centres communaux d’action
sociale (UNCCAS).